Les rues de Limoilou

rue de limoilouSeptembre 2015.

Le stress tombe finalement. Mes lèvres se tendent en un sourire ostensoir. Il y restera pour la journée, minimum.

Je viens de recevoir un appel de Johanne, la directrice de l’organisme où j’ai fait mon stage d’intervention l’année dernière. J’y ai aussi eu un contrat l’été dernier avec le programme d’Emploi-Québec: ce programme gouvernemental qui permet aux étudiants de travailler dans leurs domaines mais à des salaires médiocres. − Vraiment, j’ai renoncé à une partie de mes revenus pour prendre de l’expérience dans mon domaine. Je ne vois pas en quoi cela vient vraiment aider les étudiants, maintenant je rush pour payer ma session.

Voilà.
C’est fait. Je suis en lévitation. J’ai officiellement une job d’adulte. Un travail respectable, qui apporte à la société. Ce n’est qu’un contrat de trois mois, mais c’est « un pied dans place », comme mon père dirait. Trois jours semaine. En plus d’un emploi de soirée dans mon village et de quatre cours à l’université. Il me faudra beaucoup d’organisation, j’en conviens. Sacrifices d’un étudiant qui désire de l’expérience dans son domaine. Je devrais avoir peur de dépasser mes limites, mais pas aujourd’hui.

Je prends mon auto et sors de mon village. Je garde le pied léger, foutu photo-radar. Je me stationne pour m’élancer à la marche dans les rues de Limoilou, paisibles. J’écoute les bruits du quartier où je vais travailler. Vibre à son rythme. Je remonte la 3e Ave. M’achète un café au Lièvre et la Tortue.

Une plénitude remplace un stress d’adolescent sur le tard, j’imagine. Du haut de mes 24 ans, j’ai confiance en l’avenir : le mien, celui des autres. Tout se mettra en place. Avec le temps.

Le temps. Difficile de lui faire confiance. Un bourreau inéluctable; un allié fidèle. Il m’amènera où je dois. Ce n’est pas la destinée, seulement le cours des choses. Il faut lui laisser l’espace d’agir. Un espace qui se compte en mois, en années.

De la joie, mon sourire se teinte de nostalgie. Une contemplation bigarrée, quelques brumes de souvenir.

La rivière de crépuscule est tiède. Je n’ai pas de montre. Ni de cellulaire. Le parc linéaire m’a avalé. J’ai confiance.

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