Not About Love.

Sans titre 1

Octobre 2015

Quelque part.

Dear Adam,

L’écume inonde mes pieds. Un chant s’enfouit dans mes oreilles, se loge dans mes trippes ou dans mon cœur, je ne sais trop. Une silhouette au loin. Une sirène ou un homme?

Je suis là, l’écume couvre mes pieds. Mouille mes mollets. Je pense à toi. Je regarde la silhouette. Le chant comme des coups de balles. Ma voix en écho. Mon corps se dissout peut-être. Ou c’est le mouvement des vagues. I’m daze. Faudrait que je plonge, que je nage, que je crawl jusque là-bas. Mais si c’était une tempête? Un mythe? Si je me perdais. Que la mer me recrachait sur la rive. Que je restais là, une tache de sperme sur le plancher?

La marrée monte et criss, je suis immobile. La silhouette est de plus en plus floue.

Je pense à toi. La première fois. Le premier toi.

Je n’avais pas fait ça souvent. La naïveté, I guess. Je t’ai pris la main, et je t’ai amené nager. Tu étais partant. T’as couru, en te déshabillant, en jetant tes vêtements au sol. Moi j’ai sauté dans l’eau tout habillé. On allait traverser le lac ensemble. Je battais des jambes, je bougeais mes bras. J’essayais d’avancer. J’arrivais pas à garder le rythme. Mon nom résonnait dans le bruit des vagues. C’était quelque part. Dans mes trippes ou dans mon cœur, je ne sais pas trop. J’ai regardé la rive. Et j’ai viré de bord. Sans te le dire. T’as nagé un bout avant de te rendre compte. Mais j’étais déjà ailleurs. Away.

Entre toi et toi, la vie m’est rentrée dedans.

L’automne dernier, les trottoirs se sont croisés. Des via romain. Tu m’as tendu ta paume.  Le frôlement de nos peaux. La chaleur de nos corps. La moiteur, aussi. Une rivière devant nous. Les cailloux lacéraient ma chair alors que l’eau tiède emmitouflait mes pieds. Entre terre et mer. La crainte me retenait; toi, tu m’entrainais. La corne de tes mains me réconfortait. J’ai finalement sauté. Une bombe. Tout éclabousser. I went for the skinny dip. J’étais heureux.

And then you left. T’es parti. Je te revois dans un cliché : sous la pluie. Ta main qui fuit la mienne. Ton corps qui se cabre. La froideur de la solitude. Tes mots sont recouverts d’un flou artistique. J’étais en deçà de l’amour. Le trottoir qui s’étire vers je ne sais où. Tu m’as laissé seul dans l’eau. Le courant s’est emparé de moi. L’eau m’envahit les poumons. I drown.

Hypoxie.

Le désert de glace. Mon corps couvert de pétéchies. Mes mouvements n’avaient plus d’ampleur. Sore of you. La survie. Je m’abreuvais le moins possible. Évitais les cours d’eau. Remonter le courant. Avoir cru que l’affluant se rendait à l’Océan mais se réveiller dans une flaque d’eau. Briser le mirage. But I’m over now. This is not about love anymore.

Je suis sur la rive. La marée m’emporte. Putain. J’ai peur.

Je croyais avoir cicatrisé. Mais les cicatrices sont plus fortes que la chair. I’m not strong anymore. N’être plus qu’un labyrinthe de verre. Je pense à toi. Je ne t’en veux pas. Pas ta faute. Une vibration. Dans mes trippes ou dans mon cœur, je ne sais trop. Tu es mon épicentre. Le chant résonne, mais seuls les échos de ma voix me reviennent. Je m’érode. Si je nage, je pourrais me briser.

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