J’aime pas le monde saoul

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Bon, mon titre est un peu exagéré. Je cesse pas d’aimer une personne si celle-ci a consommé de l’alcool, tsé. Mais pareil, y reste que ce dit alcool me tape sué nerfs. Eh oui, je fais mon coming out de fille plate. (Ben non)

Je sais pas pourquoi je ressens ce malaise. On dirait que ça vient d’un traumatisme d’enfance, mais je penserais pas. Y’a même pas d’alcoolisme dans ma famille (ou du moins, je le sais pas, fait que ça a pas pu me traumatiser ben ben). Mais ce que je sais, c’est que quelqu’un avec les yeux à demi-fermés, qui parle tout croche, qui se met à être super maladroit et qui marche comme un bébé qui est en train d’apprendre, ça m’énerve profondément. En plus, je suis quelqu’un qui ADORE les gens et ma passion, c’est en quelque sorte d’avoir des super conversations avec le monde. Pour vrai, en plus. Pis j’ai une mémoire assez impressionnante, ce qui fait que même avec un verre dans le nez (c’est quoi cette expression, d’ailleurs?), je vais me souvenir de presque chacun des mots que chaque personne me dit, qu’elle soit importante ou non dans mon existence. Donc le lendemain d’une soirée, si je dis à quelqu’un: « ah, j’ai adoré que tu te confies à moi sur (cette chose full importante dans ta vie) » ou « eh, tu sais, le (projet full intense et motivant) dont nous avons parlé, c’est super! » et que la personne me répond en riant qu’elle était « troooop saouleeee » et qu’elle s’en souvient pu lololol, ça me fait de la peine pour vrai. C’est PIRE si j’ai eu une conversation super profonde avec quelqu’un rencontré pour la première fois, et que le lendemain, c’est comme si j’existais pu.

Pis tout le domaine des clubs et ce que ça englobe me déprime. Ouioui, me déprime. Se chixer deux heures de temps pour s’en aller avoir aucune classe dans un endroit où l’intérêt principal est de cruiser, ça m’parle pas, comme on dit. On dirait que dès qu’on boit une goutte d’alcool, on a le droit de tout dire, tout faire, enfin se lâcher lousse. Tsé les « heye dude, faut absolument que j’te le dise, t’es teeeellement une bonne personne pis j’t’aime comme tu peux même pas imaginer! », ou toutes les bagarres qui éclatent à 2h du mat’ sur Grande-Allée, ça me fait de la peine. Juste pour niaiser, si j’étais propriétaire d’un club, je servirais juste des virgin toute pendant une soirée. J’suis pas mal sûre qu’il n’y aurait pas de différence à l’agissement des gens. Ça va comme de soi que « je bois, donc je suis désinhibé ».

Pour avoir travaillé longtemps dans un Metro où je côtoyais régulièrement des porteurs de bouteilles vides, des gens odorants, bref des alcooliques (plus que des clients dits normaux, en fait), l’alcoolisme m’écœure. Pas les gens qui en souffrent, on s’entend, mais l’alcoolisme tout court. C’est dégueu, ben trop répandu, ça coûte cher, c’est une maladie traître et ça existe depuis la nuit des temps. Encore une fois, ça me rend mal à l’aise. Pourtant, en contrepartie, la dépendance aux drogues et autres substances me fascine. Genre que j’étudie en Intervention en délinquance et que j’envisage fortement travailler en dépendances. Genre que quelqu’un qui fait une overdose de kétamine dans les toilettes d’un rave me rend plus à l’aise qu’une fille tellement saoule qu’elle tombe en s’accrochant à moi dans un bar.

Y’a aussi le fait que l’alcool, ça me fait vraiment pas. Pis c’est de pire en pire avec le temps. De un, j’ai un sérieux problème de vessie. Vous allez me répondre: « ouan, moi aussi, j’bois une bière pis j’en pisse trois! » Ça, c’est normal. Mais moi, c’est pas drôle tellement c’est intense. On s’en reparlera plus longuement peut-être un jour. De deux, je suis migraineuse. Maintenant, c’est rendu que si je bois deux pintes, y’a 80% des chances que je me tape une migraine le lendemain. Mais genre une vraie, pas capable de sortir de mon lit, vomissements, Imitrex (vous googlerez ça). No joke. Même si je me forçais ben fort, je pourrais jamais être alcoolique. Pis inquiétez-vous pas, c’est pas parce que je suis jalouse que je chiâle contre l’alcool. J’aime pas ça, point. Pour toutes les autres raisons énumérées ci-haut.

Mais tsé, j’suis pas meilleure que les autres. Moi aussi, j’ai déjà été pas mal sua brosse (surtout quand j’avais 16 ans … mais chut), moi aussi j’me suis déjà mise à aimer incommensurablement mes amis parce que j’m’étais tapée quelques shooters, moi aussi j’me suis déjà habillée différemment pour une soirée impliquant de l’alcool. Moi non plus, y’a pas beaucoup de personnes que j’ai embrassées pour la première fois à jeun. Et c’est pas parce que l’alcoolisme ne m’atteindra jamais que je suis pas sensible à développer des dépendances à d’autres substances. Et surtout, je suis agréable dans les soirées, là. Je chicane pas mes amis, je boude pas, je pars pas tôt, je ris et m’amuse, même.

Ça fait que la prochaine fois que vous boirez un bon verre de sangria sur une belle p’tite terrasse au soleil, vous penserez au mal de tête que ça me créerait sans contredit, et vous ferez un cheers à TOUTES les occasions de la vie où il y a alcool qui coule à flot.

 

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2 réflexions sur “J’aime pas le monde saoul

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