Tu es qui, toi?

Dernièrement, j’ai cru que j’allais atteindre le fond du baril. J’ai eu de ces moments où je tremblais de façon incontrôlable tellement je pleurais, d’autres où ça me semblait surhumain de sortir de mon lit, d’autres où j’agissais par automatisme, parce que, meh, il faut gagner sa vie semble-t-il. Je me sentais atrocement seule, et lorsque je ne l’étais pas, je me sentais immensément lourde pour mes interlocuteurs.

Si je vous dis que c’est parce que mon travail ne me satisfait pas pleinement, vous me direz: « Franchement Émilie, c’est pas si pire. » Et j’aurais tendance à vous donner raison.
Mais j’ai eu une conversation avec une amie et je sais que ça a pris tout son petit change pour trouver les bons mots pour me le dire délicatement. Pour raccourcir votre lecture, je vais résumer en une phrase simple le fond de sa pensée : « Émilie, seigneur, tu parles juste de ton métier. »
Sur le coup, évidemment, j’ai pleuré. Au travail, comme ça devant mon ordi (parce que c’était bien sûr par Facebook, la conversation, bienvenue en 2016), je pleurais. Mais ça m’a aussi fait réaliser quelque chose d’important ; déjà, à 22 ans, j’étais de ces personnes qui se définissaient par le travail. Et parce que je me sentais freinée dans mes ambitions, je me considérais soudainement comme une moins que rien, et ça m’obsédait.
J’en suis donc rendue à me poser des questions dont les réponses ne sont pas si évidentes : « Je suis qui, à part mon métier? » « Y’a pas façon de vivre et d’être heureux à part en ayant une bonne job? »
Et comme mon autre ami m’a dit : « C’est difficile commencer à penser de cette façon-là, parce qu’on ne nous l’enseigne pas à l’école. »
J’aimerais conclure ce texte avec une belle leçon. Vous dire que je me suis trouvée. Ce n’est pas le cas encore. Et je n’ai pas l’impression que j’aurai la réponse de si tôt.
Je sais seulement que je vais mieux. Que je dois dire merci à mon copain qui m’a forcée à sortir du lit certains soirs, à ma mère de m’avoir flatté le dos quand je pleurais, mais aussi à cette amie qui m’a dit la vérité. Je ne sais pas où j’en serais présentement si ce n’était pas d’eux.
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