J’ai-tu reculé?

J’ai eu 23 ans il y a quelques jours. Je me sens comme un dinosaure, les gens que je côtoie quotidiennement ayant tous 17-18 ans. Bref, ça m’a amenée à me questionner sur plein d’affaires. Genre: j’ai-tu reculé, dans ‘vie?

Y’a pas si longtemps, je finissais mon BAC, j’habitais en appart avec mon copain, ça faisait plusieurs années qu’on était ensemble, on voulait se marier pis avoir des enfants, je quittais mon emploi au metro en criant « LIBÉRÉE, DÉLIVRÉÉÉE, C’EST DÉCIDÉ JE M’EN VAIS », prête pour de nouvelles expériences.

De fil en aiguille, je suis retournée au cégep, j’ai quitté le garçon et je travaille maintenant … dans un IGA. Fait que, on peut-tu appeler ça des pas en arrière? Pour vrai, des fois je trouve ça difficile. J’ai l’impression d’être la matante, de pas avoir rapport nulle part, d’avoir full de chemin à parcourir avant d’aboutir à quelque chose. J’avais tous les éléments en main pour commencer ma vraie vie d’adulte, pis j’ai tout dropé ça. Pour m’écouter, pour être bien. C’est pas mauvais en soi, mais c’est dur pour l’orgueil. J’étais la fille qui allait en ligne droite scolairement parlant, qui avait un beau couple sérieux et durable, la fille dont on s’inquiète pas, qui faisait son chemin dans la vie. Qui discrètement, avançait et mettait tout en place pour devenir une grande personne. Mais ça a l’air que tout ça, c’était pu moi.

Ça fait qu’en août 2015, j’ai commencé ma technique d’Intervention en délinquance. Et en un an, c’est fou comme j’ai évolué là-dedans. Je veux et je suis en train de devenir une intervenante, et c’est merveilleux. Mes études me fascinent, j’admire mes profs encore plus que je pouvais l’imaginer, leurs carrières qu’ils nous racontent avec passion me donnent envie de tout essayer. Je réussis (très) bien, je VEUX accumuler les expériences, je suis plus impliquée que je ne l’ai jamais été en cinq ans de littérature, je m’exprime en classe, chacun de mes cours, même rendus à la semaine 12, m’excitent et me donnent envie de me rendre au cégep. C’est merveilleux de vivre ça, je le souhaite à tout le monde. Je me sens à ma place, même si je suis « la vieille qui a un BAC » aux yeux de mes collègues de classe. J’ai relevé des défis, outrepassé des limites personnelles (allô cours de comm, je m’adresse à toi!), j’ai acquis beaucoup de confiance et je suis BIEN à l’école. En plus, j’ai rencontré une poignée de gens formidables, des amis qui sont arrivés comme un beau bonus à toute cette expérience. Je pense en particulier à Marie-Pier, je te salue belle fille, pis il y a un gros trou dans ma vie depuis qu’on est pu ensemble 18h par jour, lolol (j’exagère à peine).

Pour ce qui est du garçon, jamais je regretterai cette relation. Il m’a appris bien des choses, entre autres comment aimer et me faire aimer (full kitsch et cliché, mais vrai), on s’est apportés beaucoup, mais à la fin, on s’en allait clairement pu dans la même direction. On voulait encore se marier pis avoir des enfants, en théorie, mais je sais que la personne qu’il était en train de devenir n’aurait jamais eu le courage que ça se concrétise. C’est correct, on a tout essayé, on est allés au fond des choses, et maintenant je me sens en confiance avec moi-même, je sais quel genre d’amoureuse je suis et veux être. Je sais aussi quelles erreurs je veux pas répéter, ce que je veux et ne veux plus dans une future relation. Et je me trouve chanceuse d’avoir réalisé toutes ces choses à un si jeune âge. Bientôt, j’aménagerai dans mon premier appart à moi toute seule (avec Gaspard, mon chat, faut pas l’oublier), et je vais essayer de me créer un p’tit bout réconfortant de maison, une bulle dans laquelle je vais me sentir bien. J’ai hâte.

Et pour le travail, j’ai essayé d’autres choses, je me suis permis de faire renaître Pomme de ses cendres dans le temps des fêtes, mais quand j’ai démissionné du Tim Hortons sur Facebook après deux semaines où j’avais envie de brailler après chaque shift, je me suis dit qu’il fallait que je retourne à ce que je sais faire le mieux (ouan, c’est un peu triste dit de même par contre). Les gens du IGA à côté d’chez nous m’ont presqu’accueillie les bras ouverts, je me suis sentie chez moi rapidement, je n’ai pas eu cette impression constante d’ambiance de cour primaire que je ressentais au Metro sans m’en rendre compte, et surtout, la clientèle est tellement plus sweet. Sans parler de ma boss, la meilleure que j’ai eu jusqu’à présent, sans joke. C’est sûr que je gambade pas vers mes shifts chaque jour, mais au moins, je me sens respectée dans mon travail, et breaking news, j’ai pas le choix d’avoir un emploi d’étudiant pour vivre, alors tant qu’à y être, ça serait nice que je m’y sente bien, tsé.

Fait que, j’ai-tu reculé? D’un point de vue extérieur, on pourrait dire que oui. Ça a été une grosse année, de difficiles décisions, je me suis remise en cause presque constamment, mais maintenant, j’suis quand même contente d’où je suis rendue. J’ai jamais eu autant confiance en moi, je sais qui je suis, je me respecte beaucoup plus que je ne l’ai jamais fait, je renie pas mon passé et en suis même fière, parce que ça fait encore énormément partie de moi. Je sais pas pantoute vers où je m’en vais, ce qui m’attend, mais le principal, c’est que je sais ce que je veux pu. Je me sens bien dans ma vie de fille de 18 ans, mais qui a compris ben des affaires. Je sais maintenant que j’ai le courage de tout crisser là si ça fait pas mon affaire et j’ai appris à m’admirer pour ça. En fait, j’avance à tous les jours, à tâtons c’est sûr, mais j’aime ça.

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